La relation est aussi complexe qu'est la vie elle-même. Elle exige une réponse juste du soi, elle exige que le soi demeure soi, tout en trouvant en lui-même la puissance de création que toute relation exige. Il ne s'agit plus sur ce terrain de question intellectuelle, mais de mise en jeu de l'affectivité. C'est sur ce plan là que nous sommes le plus faible et aussi le plus fort. Le c½ur est faible parce que par essence il ne peut que passivement s'éprouver lui-même dans la donation du sentiment. Le sentiment est le langage de l'âme. Ecouter ses sentiments, c'est écouter son âme. Nous souffrons de ne pas écouter l'âme et de continuer à servir nos pensées, à construire nos mirages pour tenter de rentrer de force une réalité dans un modèle qui ne lui conviendra jamais. L'autre n'est ni ce que j'imagine, ni ce que je souhaite et il n'est pas débarqué du fond de l'univers sur ma petite planète personnelle seulement pour me servir. L'autre est libre et c'est en lui accordant sa liberté d'être ce qu'il est que je puis connaître avec lui la plénitude de la relation. L'amour n'enlève pas la liberté, il l'accorde. Aimer c'est glorifier la liberté de l'autre. Le mystère, c'est que c'est justement quand nous donnons de l'amour sans rien attendre que nous pouvons aussi en recevoir. Parce que nous ne l'avons justement pas cherché.